Stutz aux 24 heures du Mans

En 1927, Moscovics  inscrit ses speedsters Black Hawk dans de nombreuses courses, qu’ils remportent à juste titre : ‘la voiture la plus sûre a le droit d’être la plus rapide’.

Records divers.

1928 frank lockhart

En 1928. Gil Anderson amène un des nouveaux speedsters Black Hawk de 4,9 l à Daytona et porte le record de vitesse pour une voiture américaine de série à 171,390 km/h. De son côté, Franck Lockhart fait construire une voiture pour battre le record de vitesse terrestre à partir d’une Stutz Blackhawk à la carrosserie ultra profilée et équipée d’un moteur Miller à 16 cylindres de 3,1 litres (à comparer au moteur de 88 litres de la White Triplex qu’elle affronte ce jour sur la piste du lac salé).

1928 franck lockhart 2

Au cours de son premier trajet, Lockhart atteint 362 km/h (plus vite que la White !), mais le trajet retour se termine en drame, la voiture se retourne et Lockhart est tué sur le coup…

Pour faire de la publicité au retour de la marque à la compétition, Moscovics parie 25.000$ que la Black Hawk peut battre l’Hispano-Suiza H6C de 8 litres de son ami Charles T. Weymann au cours d’une course d’endurance de 24 heures sur l’anneau d’Indianapolis.

Charles weymann fred moscovics

Charles T. Weymann et Frederick E. Moscovics

La course est lancée le 18 avril 1928 à 13h00 ; la Stutz est pilotée par Gil Anderson et Tom Rooney, l’Hispano par Weymann lui-même et Robert Bloch. Malheureusement, la Stutz rend l’âme sur des problèmes de soupapes à la 19° heure et l’Hispano remporte le prix. Moscovics propose alors à Weymann de finir la course avec une Stutz de remplacement ; au bout de 10 tours, la Stutz prend un tour à l’Hispano et elle va rééditer cette performance trois fois de suite au cours des 4 dernières heures, prenant 11 km d’avance sur la voiture française.

Les 24 Heures du Mans.

1928 stutz au mans

Cela suffit à Charles Weymann pour inscrire une Stutz Black Hawk aux 24 Heures du Mans. Son équipage constitué d’Edouard Brisson et de Robert Bloch mène la course devant la Bentley de Barnato et de Rubin, mais à la 22° heure, la Stutz perd sa dernière vitesse et; elle finit à la 2° place, 100 km derrière la Bentley gagnante. C’est le meilleur résultat d’une voiture américaine au Mans avant les victoires des Ford dans les années 1960.

En 1929, les Stutz ont un moteur à compresseur. Les carrosseries sont dessinées par Gordon Buerhig. D’après Brisson, les voitures ‘ressemblent à des bêtes effrayantes … capables de rouler à 170 km/h … les compresseurs sont des équipements risqués qui peuvent bousiller les moteurs’. Les Stutz  courent sous les couleurs de trois équipes : le duo Brisson/Bloch retente l’aventure, mais abandonne au bout de 65 tours, l’équipe britannique du Colonel Warwick, constituée de George Eyston et de Richard Watney, fait de même au bout de 104 tours. Seule l’équipe de ‘Stutz Paris’, avec Guy Bouriat et Philippe de Rothschild, finit la course à la 5° place.

Deux nouvelles équipes s’engagent aux 24 Heures de 1930. Edouard Brisson constitue sa propre équipe et s’associe à Louis Rigal, mais ils abandonnent au 34° tour après une sortie de route et un incendie. Georges Philippe et Edouard Bourlier (équipe Parke) abandonnent 8 tours plus tard.

Aidé du pilote italien Joseph Cattaneo, Edouard Brisson persiste en 1931 et en 1932 mais sans plus de réussite : ces deux dernières participation s’arrêtent toutes les deux au bout de 19 tours.

500 Miles d’Indianapolis et autres courses.

1930 stutz jones special indy 500

Quand les règlements d’Indinapolis sont assouplis en 1930, Stutz se fait un point d’honneur de ne participer qu’avec des voitures de série, comme la ‘Jones Special’  avec son moteur de 5,3 l qui finit 10° à la vitesse moyenne de 137,3 km/h – un des meilleurs résultats de tous les temps pour une voiture de série.

En septembre suivant, une Stutz remporte la course sur routie de 225 km entre Nuevo Laredo et Monterey, au Mexique. A bord d’une voiture de série, Cecil Bixby remporte l’épreuve en 1h56mn, deux minutes devant une Studebaker Commander Eight, à la vitesse moyenne de 113,8 km/h. En novembre, E.G. ‘Cannonball’ Baker bat le record de la traversée du continent à bord d’une Stutz Weymann en parcourant 5.181 km en 68h51mn à la vitesse moyenne de 85,1 km/h. Pendant ce temps, en France, Brisson remporte la course de côte de Gometz le Chatel.

 

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