Howard "Dutch" Darrin

Howard ‘Dutch’ Darrin

(1897-1992)

Howard darrin

Howard Darrin naît à Cranford (New Jersey) en 1897 et se destine à devenir électricien ; en 1916, il conçoit un changement de vitesse électrique à la demande de John Willys ; il installe deux petits moteurs électriques qui permettent de changer de rapports avec des boutons placés au centre du volant. Mais le système n’équipe finalement aucune voiture.En 1917, il s’engage dans l’armée de l’air et il est envoyé en France : sa façon de piloter lui fait gagner son surnom de ‘Dutch’. A l’armistice, il rentre aux Etats-Unis et fonde une des premières compagnies aériennes du pays, Aero Limited. La société propose un service entre le New Jersey, les Bahamas et la Floride. Mais en 1921, à la suite d’un crash, Darrin vend ses parts et s’installe à  New York. Il se retrouve ainsi avec deux châssis Delage qu’il cherche à faire carrosser chez LeBaron, société créée par les stylistes Ray Dietrich et Thomas L. Hibbard soucieux de lui donner un nom prestigieux (donc français) qui se comprenne bien au téléphone !

Plaque carrossier

Hibbard sympathise avec Darrin et les deux hommes se retrouvent à Paris en 1923 pour ouvrir une succursale de LeBaron. Mais ils préfèrent monter leur propre société, Hibbard & Darrin. En 1926, avec l’aide financière de William G. Brokaw, ils font construire une usine à Puteaux. Ils y fabriquent des carrosseries pour des châssis Bugatti, Hispano-Suiza, Renault, Maybach, Mercedes-Benz, Cadillac, Duesenberg, Packard, Stutz et Rolls-Royce. Ils deviennent le carrossier officiel de Rolls Royce à Paris et exportent 35 voitures de la marque pour sa filiale américaine de Springfield. En 1929, l’usine emploie 200 personnes. La plupart des carrosseries qui sortent des ateliers sont des limousines et des coupé-chauffeur, mais Darrin se fait remarquer pour ses dessins d’une remarquable Victoria convertible à siège spider et d’un superbe phaéton à double pare-brise et vitres latérales trapézoïdales. Les deux associés construisent également des prototypes pour Renault, Armstrong-Siddeley, Auburn, Dodge, Moon, Stutz et General Motors. Malheureusement pour eux, la moitié de leur clientèle est américaine et dès le milieu de 1930 le nombre de commandes chute brutalement. Brokaw se retire de l’affaire et demande à ses associés de lui rembourser sa part. Au début de 1931, la société est liquidée ; en près de sept ans, Hibbard & Darrin a carrossé près de 500 châssis.

Hibbard trouve un emploi de styliste chez Hotchkiss avant de repartir aux Etats-Unis où Harley J. Earl lui offre un poste à l’Art & Colour Section pour s’occuper du dessin des Cadillac. De son côté, Darrin rencontre J. Fernandez, un banquier d’origine argentine qui possède une fabrique de meuble à Boulogne où il fabrique parfois des carrosseries pour le concessionnaire parisien d’Isotta-Fraschini. Les deux hommes s’associent et en 1932, ils créent la société Fernandez & Darrin.

Carrosserie fd

Leur clientèle est presque entièrement européenne et elle n’est pas encore touchée par la crise. Les châssis les plus appréciés sont ceux de Delage, Hispano-Suiza et Isotta-Fraschini, mais ils carrossent également des châssis Bugatti, Delahaye, Panhard, Renault, Voisin, Maybach, Mercedes, Bentley, Rolls-Royce, Buick, Duesenberg et Packard. Mais la crise finit par les rattraper et en 1937 Fernandez décide d’arrêter les frais ; la société est liquidée, après avoir carrossé près de 300 châssis.

Ford roadster

Darrin retourne alors aux Etats-Unis et s’installe à Hollywood. Son premier client est l’acteur Dick Powell qui lui demande de modifier sa Ford Sport Phaéton de 1937. Grâce au revenu de la vente, il embauche deux carrossiers. Son deuxième client, Chester Morris, lui commande un cabriolet qui va devenir la première ‘Packard Darrin’. Il recarrosse ensuite la Rolls Royce de Dorothy Di Frasso et s’installe sur Sunset Boulevard. Au début de 1938, il forme une nouvelle société : Darrin of Paris. Les affaires lui permettent d’embaucher une demi-douzaine d’employés supplémentaires. Les évènements s’enchainent pour aboutir à l’accord de fabrication avec Packard. Une des clauses du contrat est de participer à l’étude des futurs modèles de la marque ; Darrin esquisse ainsi les grandes lignes de celle qui va devenir la Clipper.

1940 packard sedan

L’entrée en guerre des Etats-Unis et l’arrêt de la production automobile en février 1942 rend caduc l’accord avec Packard. Darrin est remobilisé par l’armée de l’air et sert comme instructeur. A la fin de la guerre, il achète quelques avions et monte une école de pilotage, et il reprend simultanément ses activités de styliste. Il propose ses dessins à Joseph Frazer, Powell Crosley et au constructeur français Mathis. En 1946, il retrouve ses anciens locaux sur Sunset Boulevard et il crée la Darrin Motor Car Company.

Les nouvelles Kaiser et Frazer présentées en juin 1946 reprennent les grandes lignes du projet proposé par Darrin en 1945, notamment la ligne ponton avec les ailes intégrées aux flancs de la caisse, la grande surface vitrée et la largeur de l’habitacle ; les voitures portent un petit insigne ‘Darrin’ sur le côté droit du couvercle de coffre. Le groupe lui renouvelle sa confiance en lui confiant le dessin de ses nouveaux modèles pour 1951, caractérisés par leur pare-brise en forme de cœur et le creux de leur ceinture de caisse sur la porte arrière. Il lui est également demandé de retoucher le dessin de la petite Henry J, mais le dessin original est si maladroit qu’il ne lui est pas possible de faire grand-chose. Cependant, il convainc Kaiser de lui laisser développer une carrosserie de cabriolet en fibres de verre sur la base de la Henry J. Le 26 septembre 1952, la nouvelle Kaiser-Darrin est annoncée à la presse.Il s’agit d’un petit cabriolet d’allure sportive dont les portes ont la particularité d’être coulissante le long de la carrosserie.

1954 kaiser darrin

Hélas, son moteur est un 6 cylindres de 90 ch. Les 62 premiers modèles sont assemblés à la fin de 1953 chez Darrin en Californie, et 435 autres exemplaires sont assemblés chez Kaiser en 1954. Après la faillite du groupe en 1955, Darrin récupère les 50 voitures inachevées et finit leur assemblage dans ses installations californiennes au cours des trois années qui suivent. A la demande de clients qui souhaitent avoir plus de puissance, il installe le V8 de la Cadillac Eldorado dans 6 exemplaires dont il renforce le châssis.

Darrin illian

 A la fin des années 1950, Darrin poursuit son activité de consultant au profit de Panhard, de DKW, de Willys et de Kaiser Argentine. En 1960, il dessine une voiture de sport pour le constructeur israélien Sabra. Il participe aussi à l’étude de la Jeep Wagoneer. Au milieu des années 1960, il personnalise des Rolls-Royce Silver Shadows qui sont vendues par les concessionaires californiens de la marquee. En 1965, il est distingué par l’Univeristé de Syracuse comme un des 15 meilleurs designers industriels du XX° siècle. Il passe le reste de sa vie en Californie du Sud, et participe à de nombreux rassemblements et concours d’élégance de voitures anciennes en tant que juge ou présentateur. Il s’éteint en 1992.

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