Les Chevrolet d'origine asiatique

La filière japonaise (1972-2004).

Dans les années 1970, pour pouvoir s’implanter au Japon, les constructeurs américains s’allient avec des constructeurs locaux : Chrysler avec Mitsubishi en 1972, GM avec Isuzu en 1972 et Ford avec Mazda en 1979. Cela leur permet également de disposer de modèles subcompacts sans avoir à les développer. C’est ainsi que dès 1972, Chevrolet propose le LUV, un Isuzu Faster rebadgé, pour offrir un light truck en bas de gamme. Les nomes CAFE puis le deuxième choc pétrolier obligent les Trois Grands à proposer des modèles économiques pour réduire la consommation moyenne de leurs gammes. En 1981, GM s’allie à Suzuki. Simultanément, les gouvernements américain et japonais négocient un accord de limitation des importations. Par cette double politique, les Trois Grands proposent aux constructeurs japonais de continuer à produire des voitures qui sont ensuite distribuées aux Etats Unis sous le badge d’une marque américaine !

Pour Chevrolet, l’intégration des japonaises débute en 1985, à l’arrêt de la Chevette. En fait, Isuzu ayant produit en grande série la version japonaise de la Chevette, GM lui demande de développer sa remplaçante sur la nouvelle plateforme R. L’Isuzu Gemini présentée en mai 1985 est ainsi la descendante légitime de la Chevrolet Chevette, et elle est distribuée aux Etats Unis en tant que Chevrolet Spectrum. Avec un empattement de 2,40 m, elle mesure 4 m et a un moteur 4 cylindres de 1,5 l et 70 ch. Chevrolet présente également la Sprint, clone de la Suzuki Cultus sortie en 1983 (3,67 m de long en 3 portes et de 3,77 m en 5 portes, 4 cylindres de 1 l de 45 ch.). Et pour désigner la Toyota Corolla construite dans l’ancienne usine de la GM à Fremont (Californie) par la société New United Motor Manufacturing Inc. (NUMMI), formée par l’association entre GM et Toyota, Chevrolet ressuscite l’appellation Nova (4,22 m, 4 cylindres de 1,6 l et 90 ch.). Les trois modèles sont reconduits jusqu’en 1988.

En 1989, la situation du marché étant redevenue meilleurs, GM crée la marque Geo comme sous division de Chevrolet pour continuer à commercialiser ces voitures. Geo commercialise cinq modèles : Metro, Spectrum, Prizm, Storm et Tracker. La Metro est le clone de la Suzuki Swift, remplaçante de la Gemini, la Prizm est la remplaçante de la Nova (et de la Spectrum en 1990), la Storm (diffusée entre 1990 et 1993) est le clone du coupé Isuzu Impulse, et le Tracker celui du Suzuki Vitara construit au Canada par la société Canadian Automotive Manufacturing Inc. (CAMI), formée par l’association entre GM et Suzuki. La Prizm est renouvellée en 1993, la Metro en 1995.

De nouveau confronté à une situation difficile, GM dissout Geo en 1999. La Metro, la Prizm et le Tracker sont à nouveau badgés Chevrolet ! La Metro est arrêtée en 2001, la Prizm en 2002 et le Tracker en 2004.

La filière coréenne (1972-1992 et depuis 1999).

De même qu’au Japon, GM s’implante en Corée en 1972 en s’associant avec le constructeur Shinjin (fondé en 1937). Rebaptisé Saehan en 1976, la marque devient Daewoo en 1982 et elle rompt son association avec GM en 1992. Mais sept ans plus tard, à la faveur de la crise économique qui frappe la Corée, GM rachète Daewoo qui devient GM Daewoo en 2001 puis GM Korea en mars 2011. Depuis 2004, Chevrolet diffuse des modèles Daewoo sous sa marque aux Etats Unis : l’Aveo (Daewoo Kalos) jusqu’en 2010, et sa remplaçante, la Sonic (Chevrolet Aveo en Europe) construite dans l’usine de la GM d’Orion Township (Michigan).

Désormais division à part entière de GM, GM Korea participe comme les autres divisions de GM à la conception des véhicules ‘mondiaux’ de la GM. C’est pourquoi la Cruze ne peut pas être qualifiée de coréenne, pas plus que la Camaro ne peut être qualifiée d’australienne parce que son développement a été assuré par Holden !

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