Le prix de l'excellence (1914)

Premier dans l’innovation technologique, Cadillac tente aussi de nouvelles approches dans la publicité automobile. Cet exemple de 1914, écrit par Théodore Mc Manus, est l’un des plus célèbre de tous. Il décrit la consécration de Cadillac à l’excellence :

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Quel que soit son domaine d’activité, celui qui est le meilleur doit en permanence vivre dans la lumière blanche de la publicité. Que le premier rôle soit attribué à un homme ou à un produit manufacturé, l’émulation et l’envie sont toujours à l’oeuvre. Dans l’art, dans la littérature, dans la musique, dans l’industrie, la récompense et le châtiment sont toujours les mêmes. La récompense est une reconnaissance universelle, le châtiment négation et dénigrement sévères.

 Quand le travail d’un homme devient une référence pour le monde entier, il devient aussi une cible pour les piques des rares envieux. Si son travail est simplement médiocre, il sera sévèrement laissé seul, s’il réalise un chef d’oeuvre, il remettra chacun à sa place. La jalousie ne fera pas parler le mauvais artiste qui peint une toile banale. Quoi que vous écriviez, ou peigniez, ou jouiez, ou chantiez, ou construisiez, personne ne s’efforcera de vous surpasser ou de vous calomnier, à moins que votre travail ne soit marqué au sceau du génie. Longtemps, longtemps après qu’un grand travail a été fait, ceux qui sont frustrés ou envieux continuent de prétendre que c’est infaisable. De petites voix rancunières, dans le domaine de l’art, s’élevèrent contre notre propre Whistler en le traitant de charlatan longtemps après que le grand nombre l’avait acclamé pour son génie artistique. Des foules énormes se rassemblaient à Bayreuth pour rendre honneur au temple musical de Wagner pendant que le petit groupe de ceux qu’il avait détrôné et destitué prétendait avec colère qu’il n’était pas un musicien. Le petit monde continuait d’affirmer que Fulton ne pourrait jamais construire un bateau à vapeur, alors que le grand monde se rassemblait aux bords des rivières pour voir son bateau naviguer.

 Le meilleur est assailli parce qu’il est le meilleur, et l’effort dépensé pour l’égaler est simplement une preuve supplémentaire de cette position première. En ne réussissant pas à l’égaler ou à le surpasser, son concurrent cherche à le dénigrer ou à le détruire, mais il ne fait que confirmer une nouvelle fois la supériorité de celui qu’il s’efforçait de supplanter. Il n’y a rien de nouveau en cela. C’est aussi vieux que le monde, et aussi vieux que les sentiments humains, l’envie, la peur, la cupidité, l’ambition et le désir de surpasser. Mais tout ça ne sert à rien. Si le meilleur est vraiment le meilleur, il reste le meilleur.

 Grand poète, grand peintre, grand ouvrier, chacun est assailli à son tour, et chacun porte ses lauriers à travers les âges. Ce qui est bien ou grand se fait connaître de lui-même, qu’importe la force de la clameur du dénigrement. Ce qui mérite de vivre, vit.

 

 

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