Le cinquantenaire du V8 (1965-1966)

En 1964, on se souvient que le V8, le moteur sur lequel la firme a fait sa fortune, a un demi siècle d’existence. Comme Théodore Mac Manus l’avait expliqué beaucoup d’années auparavant, ce qui est grand ou bien s’était certainement fait connaître de lui même. L’année est marquée par une élégante gamme de modèles qui, de l’avis de certains spécialistes de la marque, marque le sommet du design et de la technique de Cadillac. L’Eldorado porte sa désignation Biarritz pour la dernière fois. Elle ne possède pas de jupes à l’arrière, ce qui lui donne un aspect sportif. Le style de base de tous les modèles a légèrement changé par rapport à celui de 1963. les différences les plus remarquables sont les gardes de pare-chocs et les blocs optiques redessinés. Outre l’Eldorado, dix autres types de carrosseries sont proposés. Cinq d’entre eux sont disponibles avec le toit vinyle, l’ultime équipement à la mode. Conformément à la tendance générale du marché qui veut des modèles plus grands, Cadillac abandonne ses modèles à coffre court, dont les ventes sont faibles. Le tableau de bord est redessiné et les ceintures de sécurité aux sièges avant sont montées en série. Le moteur est réalésé. Sa course est allongée. Il atteint maintenant une cylindrée de 7.030 cm 3 et sa puissance est de 340 ch SAE. Un système d’échappement plus grand est ajouté pour s’accorder aux performances plus élevées du nouveau bloc. Un des équipements de confort les plus populaires qui vient d’être introduit est le contrôle automatique de la climatisation (Automatic Climat Control) qui maintient la température désirée sans avoir à s’occuper des conditions extérieures et en le réglant avec un seul cadran. Autre équipement nouveau, le « Twilight Sentinel » (sentinelle du crépuscule) qui allume ou éteint les phares automatiquement en fonction des besoins. Enfin, une minuterie autonome conserve les feux allumés pendant quelques instants après que le contact ait été coupé pour permettre aux passagers de voir le chemin jusqu’à leur porte. Ces équipements très soignés et uniques sont toujours offerts sur les Cadillac actuelles...

Un style géométrique.

Les modèles de 1965 sont entièrement nouveau. Tout change sauf le moteur. Le style est totalement transformé avec des formes géométriques nettes et de larges panneaux de carrosseries plats. Une large calandre en cage d’oeuf rappelle fortement les modèles de 1941. Les doubles phares avant sont disposés verticalement et les ailerons ont définitivement disparus. Les rappels de feux avant sont dorénavant intégrés dans le pare-chocs et les toits en vinyle sont disponibles sur six modèles. L’Eldorado retrouve ses jupes arrière. L’intérieur de tous les modèles est également redessiné. Tous les modèles reçoivent un nouveau sélecteur de boite de vitesse assisté au volant. La Série 62 est rebaptisée « Calais », mais c’est la De Ville qui est  la série la plus vendue de la gamme. Les ventes de la calais vont d’ailleurs régulièrement décliner jusqu’à l’abandon de la série en 1976. La 60 Spécial revient elle sur son ancien empattement de 3,38 mètres ce qui apporte un gain de place considérable pour les passagers arrière. Equipée du toit vinyle, la 60 Spécial devient « Fleetwood Brougham »; c’est la plus luxueuse des berlines Cadillac. Quant à la Série 75, elle conserve sa carrosserie de 1964 pour la même raison qui avait été retenue pour son prédécesseur d’après la guerre et jusqu’en 1949; ses ventes étant faibles, la division ne dispose pas des moyens de la remettre au goût du jour à chaque changement radical du reste de la gamme. Mécaniquement, l’innovation la plus importante est l’apparition d’un nouveau châssis « périmètre » en remplacement du châssis en X. Il possède des pontons dessinés pour suivre et passer sous le périmètre complet des carrosseries. Cela bouscule complètement les anciens principes de dessin, mais le résultat est un meilleur équilibre général. En effet, grâce à ce châssis, le moteur peut être avancé de 15 cm sans modifier la répartition des masses. Il permet également de disposer le tunnel de transmission plus bas. Pour s’adapter au nouveau châssis, le pont arrière et la suspension arrière sont entièrement redessinés. La révision de la transmission affecte aussi la boite Turbo Hydra-Matic, qui est montée en série sur tous les modèles, et le système de blocage automatique du régulateur de vitesse. Les nouvelles options sont le réglage télescopique du volant, un système de mise à niveau automatique (monté en série sur la 60 Spécial et l’Eldorado) et un nouveau système de fermeture centralisée des portes.

En 1966, Cadillac ne modifie que très peu ses modèles. Il y a un peu moins de chrome et l’ornementation est plus conservatrice. Il est désormais grand temps pour la série 75 de rattraper son retard sur le reste de la gamme et une nouvelle voiture à empattement long apparaît. En tout, Cadillac propose une douzaine de modèles. Grâce à son succès commercial, la Fleetwood Brougham devient un modèle à part entière, au sommet de la gamme normale. Sur la liste d’options sans supplément de ce modèle, on trouve des tablettes pour les sièges arrières, des reposes pieds à l’arrière et un intérieur en cuir. Comme il a déjà été signalé, 1966 est la dernière année de l’Eldorado à propulsion arrière, et il n’allait pas y avoir d’Eldorado décapotable avant 1971. Le modèle de 1966 possède des vitres teintées traitées anti-UV, même pour la vitre arrière de la capote. Les panneaux  supérieurs des portières et les encadrements des vitres sont traités en noyer véritable, comme sur la 60 Spécial et la Fleetwood Brougham. Sa domination sur le marché de luxe, acquise après de longues années d’expansion et d’innovations, place Cadillac en bonne position durant les années 50 et au début des années 60. Durant ces années, la marque a simplement surpassé ses concurrents, finissant au 9°, 10° ou 11° rang des constructeurs américains et  dépassant largement Lincoln et Imperial et souvent Chrysler. sa production se situe aux environs de 150.000 unités par an, ce qui apparaît incroyable pour une marque de luxe! Et au cours des années 1965 et 1966, ce total atteint le volume record de 200.000 unités. Mais, en dépit de ce succès, il y a encore de plus grands records à venir à partir de 1967, et la barre des 300.000 unités annuelles sera franchie dans les années 70.

 

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